Simone, ils ont écrit ton nom !

5 février 2026

En cette fin janvier, le village de Neuvy touchait au bout du chemin d’un bien beau projet : la dénomination de son école publique !
Fruit d’une longue réflexion et de la recherche partagée du nom , c’est l’hommage à la résistante moulinoise Simone Léveillé qui emporta les suffrages. L’hommage a pris corps avec la plaque dévoilée au mur de l’école. Elle rappelle à la fois le parcours exceptionnel de courage de la jeune fille et le visage de l’engagement qui fait d’elle une « marianne » bourbonnaise.
Dans son projet, la municipalité de Neuvy avait sollicité l’accompagnement de l’ANACR. C’est avec un grand plaisir que notre association a répondu à cette sollicitation.
Dans un premier temps le vendredi 29 janvier après-midi a été consacré aux jeunes élèves des classes de CE et CM accueillis dans l’exposition « Terre de Résistance » pour faire écho à leurs travaux sur Simone Léveillé en leur faisant découvrir le parcours d’autres résistants.
En soirée, c’est devant une cinquantaine de gourmands d’histoire qu’une conférence à quatre voix a retracé l’histoire de la résistance dans le Bocage Bourbonnais. La soirée s’est prolongée avec le pot de l’amitié offert par la municipalité et de nombreux échanges.
La matinée de samedi était quant à elle consacrée à la cérémonie de dénomination, dévoilement de la plaque avec les enfants de Simone Léveillé, les enfants de l’école et leurs enseignantes, la municipalité et la population nombreuse a avoir répondu à l’invitation. Les prises de parole de la municipalité ont retracé l’histoire du projet et pour l’ANACR Henri Diot a fait dialoguer la mémoire de Marguerite FAUVERGUE (une autre résistante moulinoise) avec celle se Simone LEVEILLE avant que la plaque ne soit dévoilée des mains jointes des enfants de Simone et du maire de Neuvy.
Le chant des partisans donné par les enfants de l’école accompagnés par les spectateurs a clos la cérémonie de bien belle façon avec les parole du fils de Simone.
Les uns et les autres ne pouvaient que goûter ces moments de bonheur partagés, dans la simplicité et l’authenticité d’un hommage citoyen à une femme et aux valeurs qui fondèrent son engagement, un appel à la conscience dans la période troublée d’un monde en proie à de funeste violences.

Un mélimélo d’images cueillies lors de ces deux journées…

Simone n’a que 20 ans quand la guerre éclate. Le 18 juin 1940 au moment où l’armée Allemande arrive à Moulins, elle fait partie des rares qui auront l’oreille à Radio Londres et à l’appel à la collaboration de Pétain, il n’en fallait pas plus pour que soit déclenchée sa Résistance.

Sa situation à Moulins partagée par la ligne de démarcation lui inspire la piste de son engagement de passeuse d’information.
Sa famille partagée de part et d’autre de la ligne de démarcation lui permet d’obtenir le laisser-passer que la jeune femme va mettre à profit pour traverser chargée de ses petits et grands secrets à la barbe des militaires. Malicieuse derrière sa frimousse innocente Simone obtiendra même un second laisser-passer, le vrai-faux ausweis qui lui fait franchir le Pont Régemortes vers La Madeleine…
Intégrée au réseau de renseignement Kléber initié par De Gaulle en 1942, Simone devient « Anne-Marie » ou « Claire » et en gravit rapidement les échelons de responsabilité. Elle a en charge l’observation du trafic ferroviaire, mouvements de troupes, de matériels, etc. C’est avec la complicité de son compagnon d’aventure, son vélo, qu’elle moissonne ses informations, elle faisait volontairement sauter la chaîne pour s’arrêter plus longtemps dans des endroits sensibles. Après fin janvier 1944 et l’arrestation de Maurice Tinland dont elle était agent de liaison, recherchée par la gestapo, Simone a dû s’éloigner de Moulins pour poursuivre ses missions en dirigeant son service de renseignement en Berry et limousin en passant par Montluçon, Bourges, Châteauroux, Ussel et Brive jusqu’à la Libération.