
Structure de la base de données « Lieux de mémoire »
La base de données Lieux de mémoire constitue un système d’information structuré dédié à la préservation et à la valorisation du patrimoine mémoriel. Cette base répond à trois objectifs stratégiques fondamentaux : offrir un outil commun d’homogénéisation du corpus d’informations collectées, permettre un partage efficace de la connaissance entre les utilisateurs, et fournir la matière première nécessaire à de multiples exploitations des données. L’architecture relationnelle de cette base s’articule autour de 7 tables interconnectées, comptabilisant au total 18 champs dans la table principale et 72 champs au total, permettant une documentation exhaustive des sites mémoriels et de leur écosystème.
L’approche méthodologique privilégie une logique d’indexation thématique permettant des extractions ciblées par catégories de lieux, types d’événements, ou profils d’acteurs. Cette structuration facilite notamment les recherches transversales et les analyses comparatives, répondant ainsi aux besoins diversifiés des chercheurs, institutions patrimoniales, et acteurs de la valorisation touristique. La base intègre également une dimension géographique précise, avec des coordonnées géolocalisées et une organisation territoriale à plusieurs niveaux administratifs.
Architecture des tables
Table principale : Lieux de mémoire
La table Lieux de mémoire constitue le cœur du système avec 18 champs structurant l’information autour de chaque site. Cette table centralise les données géographiques, administratives et descriptives essentielles. L’architecture de cette table privilégie une approche multicritères permettant des analyses croisées selon différents axes d’étude.
Le système d’identification repose sur un identifiant unique (ID_lieu) complété par des champs de dénomination officielle et alternative. La typologie des lieux s’appuie sur 14 catégories distinctes : mémoriaux, monuments commémoratifs, plaques commémoratives, stèles, musées, lieux d’exposition permanente, sites naturels de maquis, sites de combat, bâtiments historiques, lieux d’arrestation, de détention, d’exécution, de parachutage, de sabotage, ainsi que les espaces funéraires (cimetières militaires, nécropoles nationales, carrés militaires) et les lieux disparus non matérialisés.
La dimension géographique intègre une approche multi-scalaire avec des champs dédiés à la commune, au département et à la région, complétés par une adresse complète et des coordonnées de géolocalisation précises (latitude, longitude). Cette structuration permet des analyses territoriales approfondies et facilite la cartographie des données. Le système d’accessibilité distingue 7 modalités : accès libre permanent, accès libre à horaires définis, accès réglementé, accès sur rendez-vous, accès payant, accès restreint pour sites sensibles, et sites non accessibles au public.
Tables thématiques spécialisées
La table Événements documente les faits historiques associés aux lieux avec 11 champs détaillant la nature, la chronologie et les conséquences des événements. Cette table recense 17 types d’événements incluant les combats, affrontements armés, batailles, opérations militaires, actions de guérilla, sabotages, parachutages, réunions clandestines, créations de maquis, rafles, arrestations, internements, déportations, exécutions, massacres, répressions, libérations de territoire et commémorations officielles. La structure temporelle permet une documentation précise avec des dates de début et de fin, facilitant les analyses diachroniques.
La table Acteurs et réseaux structure l’information sur les personnes et organisations impliquées, avec 11 champs permettant l’identification, la caractérisation et la contextualisation historique. Le système typologique distingue 10 catégories d’acteurs : personnes individuelles, réseaux de résistance, mouvements de résistance, maquis, unités combattantes, institutions civiles et militaires, autorités d’occupation et de collaboration, et population civile. Le champ d’appartenance organisationnelle détaille 14 affiliations principales incluant les Forces françaises de l’intérieur (FFI), les Francs-tireurs et partisans (FTP), l’Armée secrète (AS), l’Organisation de résistance de l’armée (ORA), et les différents mouvements de résistance.
Documentation et gestion
La table Sources et documentation centralise les références bibliographiques et documentaires avec 11 champs garantissant la traçabilité scientifique des informations. Le système de classification des sources distingue 8 niveaux de fiabilité : sources primaires, sources administratives officielles, sources judiciaires, sources secondaires scientifiques, sources testimoniales, sources mémorielles, sources journalistiques, et sources non vérifiées. Cette gradation permet une évaluation critique de la qualité documentaire et guide les utilisateurs dans l’exploitation des données.
La table Gestion administrative documente la situation juridique et organisationnelle des lieux avec 9 champs détaillant propriété, gestion et statut légal. Le système de statuts juridiques intègre 11 catégories incluant les classements au titre des Monuments historiques, les reconnaissances d’État, les nécropoles nationales, les hauts lieux de la mémoire nationale, les sites ONACVG, et les différents types de propriété. Cette structuration facilite l’identification des responsabilités institutionnelles et des modalités de protection patrimoniale.
Système de valorisation pédagogique
La table Valorisation et pédagogie constitue un élément central du dispositif avec 12 champs structurant les activités éducatives et culturelles. Cette table établit des liens relationnels avec les trois tables principales (Lieux de mémoire, Événements, Acteurs et réseaux), assurant une cohérence transversale du système d’information. La segmentation du public cible distingue 4 catégories : grand public, scolaires, chercheurs et touristes, permettant une adaptation des contenus aux différents profils d’utilisateurs.
L’arsenal d’outils pédagogiques comprend 4 catégories principales : livrets, expositions, parcours audio et applications mobiles, reflétant l’évolution vers une médiation numérique innovante. La typologie des projets s’articule autour de 5 orientations : projets pédagogiques, valorisation touristique, sensibilisation, numérisation et organisation d’événements. Le suivi de l’état d’avancement distingue 4 phases : en préparation, en cours, terminé et reporté, facilitant le pilotage opérationnel des initiatives.
Documentation multimédia
La table Multimédia enrichit la base documentaire avec 9 champs structurant les ressources visuelles et audiovisuelles. Cette composante répond aux enjeux contemporains de valorisation numérique et de diffusion patrimoniale. La gestion des droits d’exploitation constitue un élément crucial permettant d’évaluer les possibilités d’utilisation des contenus dans le cadre de projets éditoriaux ou de valorisation publique.
L’organisation temporelle des médias permet une contextualisation historique précise, facilitant l’association entre documents d’époque et sites mémoriels contemporains. Cette approche chronologique enrichit considérablement la compréhension des transformations paysagères et architecturales des lieux de mémoire au fil du temps.
Interconnexions et logique relationnelle
L’architecture relationnelle de la base privilégie une approche systémique où chaque table entretient des liens logiques avec les autres composantes. La table Valorisation et pédagogie joue un rôle de hub relationnel, établissant des connexions explicites avec les tables Lieux de mémoire, Événements et Acteurs et réseaux. Cette configuration facilite l’élaboration de projets éducatifs transversaux mobilisant simultanément les dimensions spatiales, temporelles et humaines du patrimoine mémoriel.
Le système d’identification unique de chaque enregistrement (ID_lieu, ID_événement, ID_acteur, ID_source, ID_gestion, ID_média, Intitulé) garantit l’intégrité référentielle et facilite les requêtes complexes croisant plusieurs tables. Cette approche technique permet des analyses multidimensionnelles approfondies, répondant aux besoins de recherche académique comme aux exigences opérationnelles de gestion patrimoniale.
Potentialités d’exploitation
La structure de cette base de données ouvre de multiples perspectives d’utilisation scientifique, pédagogique et opérationnelle. Les 72 champs répartis sur 7 tables permettent des analyses statistiques approfondies sur la répartition géographique des lieux de mémoire, l’évolution temporelle des événements commémorés, ou les profils sociologiques des acteurs impliqués. La granularité de l’information facilite également l’élaboration d’études comparatives entre territoires, périodes historiques, ou types d’acteurs.
L’intégration de données géolocalisées précises favorise le développement d’applications cartographiques interactives et d’outils de navigation territoriale. Ces fonctionnalités s’avèrent particulièrement pertinentes pour les projets de valorisation touristique et les parcours pédagogiques thématiques. La dimension multimédia enrichit considérablement les possibilités de médiation numérique, facilitant l’élaboration de contenus immersifs et interactifs.
La flexibilité de la structure permet également des extensions thématiques ou géographiques, l’ajout de nouvelles catégories de lieux, d’événements ou d’acteurs s’effectuant sans remise en cause de l’architecture générale. Cette évolutivité constitue un atout majeur pour l’adaptation de l’outil aux évolutions des pratiques patrimoniales et aux nouveaux besoins de documentation mémorielle.
