



La cérémonie commémorative a débuté comme chaque année le 19 juillet 2025 à la Stèle des
Vignes à Gannat.
Madame Pouzadoux, Maire de la commune, nous rappelle le circuit du maquis qui débuta au château de Lornais près de Valignat, dénoncé et déplacé en forêt des Colettes où il fût rejoint par des groupes de Vichy, cusset, Bellerive…Alors, fort de 60 hommes il rejoignit la forêt de Giverzat puis Veauce, avec pour mission de harceler l’armée allemande et procéder à des déraillements de trains. C’est au cours de l’un d’eux que furent faits prisonniers 9 soldats allemands qui furent traités en prisonniers de guerre et ne subirent aucun sévices. Cette activité importante devait faire penser aux allemands que les éléments de ce groupe étaient nombreux, ce qui explique certainement les moyens mis en œuvre pour l’attaquer. Les pertes s’élevèrent à 9 hommes, 4 prisonniers qui furent déportés dont 2 ne sont pas revenus, 4 fusillés et 2 dont on retrouvera les corps dans les jours qui suivirent l’attaque.
Ce camp se reconstituera fin juillet 1944 et prit le nom du Camp Marceau, nom de guerre de Léopold Maupas, son chef, l’un des fusillées de Gannat. Le camp participera à la libération de Vichy et du Camp de Tronçais. L’armée allemande avait mis environ 1500 hommes pour détruire ces camps.
Discours, Chant des partisans, dépôts de gerbes, salutations aux porte-drapeaux se sont succédés tout au long de cette journée riche en émotion pour se terminer par l’hommage de Mme Dessale, Maire de Veauce, aux résistants qui ont perdu leur vie lors des tragiques événements du 23 juillet 1944, c’était il y a 81 ans: les soldats allemands traversèrent le paisible petit village de Veauce pour attaquer les résistants du Camp de Veauce.
On peut facilement imaginer la terreur des habitants qui ne savaient pas exactement ce qui se passait et craignaient le pire… Au fil des ans les familles et amis ont pu écouter les témoignages des anciens résistants et combattants des Camps Marceau et Jean Chauvet qui comptaient 52 résistants.
Les noms des résistants tués au cours des combats ou arrêtés, torturés et envoyés en déportation
sont gravés sur une plaque commémorative à côté du monument aux Morts :
ILS LUTTERENT CONTRE LE NAZISME. LA LIBERTE ETAIT LEUR IDEAL
. BARROIN Maurice “Gibier”, mort en déportation
. BILLY Georges “Radis”, tué au combat à Bayet
. BLONDIEAUX Marcel “Julien”, mort en déportation
. BRUNOT Bernard “Michel”, fusillé au chemin de Vignes
. CAFFIERE Julien ”Eloi” , tué à Lalizolle
. CAVARD André “Jules”, fusillé au chemin des Vignes
. CHERASSE Jean “Retardataire”, prisonnier puis tué à Veauce
. LANGLOIS Paul “Energique” arrêté à Veauce puis tué à Vichy
. LEDUC Louis “Alfred” tué à Montord
. MAUPAS Léopold “Marceau”, fusillé au chemin de Vignes, dont le camp prit son nom
. TOURETTE Bernard tué à Veauce
Madame la Maire précise que le devoir de mémoire est nécessaire non seulement pour mettre en évidence le rôle des résistants dans la libération de la France et le rétablissement de la démocratie, mais aussi pour assurer la transmission des valeurs humanistes et démocratiques de la Résistance. Commémorer cet épisode de la guerre dans le plus petit village de l’Allier, c’est répondre à la nécessité du souvenir, de l’hommage aux morts, et l’expression de notre reconnaissance à tous ceux qui ont eu le courage de résister à l’oppression ennemie.
Ici et comme partout en France, des hommes et des femmes ont refusé l’inacceptable et sont entrés en résistance avec des motivations multiples pour lutter contre les tyrans. Comme des milliers d’autres résistants ils ont contribué à la victoire des Alliés contre le nazisme. Par leurs actions ils ont préparé le retour de la république, parfois au sacrifice de leur vie. Ils doivent rester un exemple, sans oublier les dizaines de milliers de jeunes Américains, Britanniques qui sont morts sur notre sol. C’est grâce à eux que nous vivons dans une France libre et dans une Europe relativement en paix aujourd’hui.
Cette cérémonie est l’occasion de manifester la reconnaissance et le respect que nous devons à ceux et celles qui luttèrent pour la liberté, qu’il s’agisse de nos alliés, des français militaires de l’extérieur et de l’intérieur, des résistants civils, des étrangers et cette considérable partie de la population qui apportait son soutien dans l’ombre, partout en France.
Dans ce monde en crise, la paix est fragile. Le devoir de résistance est nécessaire face aux idéologies racistes ou extrémistes.
S’en suivit le traditionnel pot de l’amitié , qui porte bien son nom dans ce petit village.Edit


