Stèle du camp Hoche

7 juillet 2026

… la pièce maîtresse de notre patrimoine.

Le site de la Pièce Plate près du village des Champs à Meillard est le lieu emblématique de l’implantation du maquis Hoche. Il illustre à merveille les impératifs de sécurité et de ressources auxquels devaient répondre l’accueil des clandestins des premiers maquis…
Désormais, les derniers acteurs ayant disparus, le témoin est de pierre : la stèle élevée en 1953 reçoit l’hommage annuel de la commémoration du deuxième dimanche de mai, et parfois plusieurs fois l’an, la visite des jeunes qui sont accueillis dans la journée d’immersion dans les pas des Résistants du Camp Hoche.
Dans ces occasions, le site fait en lui-même la leçon de géographie, d’histoire et de citoyenneté. Le temps faisant son œuvre en dessinant de nouveaux paysages, la réflexion doit s’ouvrir pour offrir aux jeunes l’expérience la plus formatrice en diversifiant approches et activités…

L’arrivée au village depuis la route de Saint Pourçain est remarquable en ce qu’elle laisse imaginer au visiteur que le plateau se poursuit à l’horizon du sud… La profonde entaille de la vallée du Douzenan reste imperceptible jusqu’à ce qu’on quitte le hameau pour s’enfoncer vers les bois dans les prairie pentues…
Lucien Depresle et sa famille étaient bien inspirés en proposant à Georges Gavelle et Louis Bavay d’accueillir les jeunes montluçonnais dans les bois de la vallée ; une clairière les attendait toute proche du ruisseau. Lucien n’y retournera pas après avoir indiqué l’endroit. Le ponceau figurait la frontière entre le monde des légaux, paysans du village et celui des clandestins guidés jusque là à l’abri de tous les regards…
Les femmes descendaient leur ravitaillement au ponceau en espérant que la livraison arrive à bon port ; ce qui ne fut pas toujours le cas, les allées et venues des résistants partis parfois loin en mission étant très irrégulières.
5 mois, une cinquantaine d’actions pour une cinquantaine de clandestins au plus fort des effectifs… l’hiver et les conditions précaires du campement ont conduit à une solution de repli en forêt des Colette où une attaque des forces de Pétain sera fatale à l’organisation, contraignant les rescapés à se disperser dans d’autres unités des Combrailles et du Puy de Dôme.

Tout en contant cette histoire, les pieds dans la même terre, les yeux fixant le même horizon, les jeunes visiteurs s’en imprègnent, et, lorsque nous leur confions la réalisation de la cérémonie commémorative devant la stèle c’est un rare bonheur que de voir à quel point leur posture et leur propos témoignent de leur compréhension.
L’émotion est différente de celle qui accompagnait toujours la rencontre et le témoignage de Lucien ou de quelques autres de ses camarades, mais son intensité n’est pas moindre.

Reste à travailler à la conception de nouveaux scénarios pour faire que cet outil ne se perde… et que la poussière de l’oubli en ternisse la mémoire.