Le camp des textiles et la rafle du 26 août 1944

Dès janvier 1939, Hitler évoque devant le Reichstag la possibilité d’une « extermination de la race juive ». Si les nazis perpètrent les premiers massacres de masse contre les juifs en 1941, l’année 1942 constitue un tournant avec la conférence de Wannsee. Six mois après, c’est la rafle tristement célèbre du Vel’ d’Hiv’ suivie six semaines plus tard par celle du 26 août 1942. Les autorités du gouvernement de l’État français arrêtent alors, dans les départements de la zone dite libre, près de 6 600 juifs étrangers. Femmes, hommes et enfants sont rassemblés dans des camps de rassemblement. Le plus connu est celui de Vénissieux près de Lyon. Le camp des textiles, où les juifs étrangers de la région Auvergne ont attendu d’être fixés sur leur destin, l’est beaucoup moins malgré le travail de mémoire réalisé par les historiens et les efforts des municipalités du bassin montluçonnais. Il convient donc ici de rappeler les événements qui se sont déroulés dans ce centre en août-septembre 1942 et d’en souligner les spécificités.

La rafle du 26 août 1942 s’explique par la politique génocidaire mise en place par l’Allemagne nazie à l’encontre des juifs européens, mais aussi par l’antisémitisme des ministres et fonctionnaires du gouvernement de l’État français.

Après l’armistice du 22 juin 1940, la France est démembrée. La zone dite « libre », une quarantaine de départements, se trouve au sud de la ligne de démarcation qui la sépare de la zone occupée par l’Allemagne nazie. Le département de l’Allier est coupé en deux. Moulins est en zone occupée [1], tandis que Vichy et Montluçon se trouvent dans la zone libre.

Dès l’automne 1940, l’État français pratique une politique de discrimination envers les juifs :

  • la loi du 3 octobre, connue sous le nom de premier statut des juifs, interdit certaines professions, notamment celles de la fonction publique, à tous ceux qui sont « regardés » comme juifs ;
  • celle du 4 octobre autorise les préfets à interner les juifs étrangers.

Fin 1940, un camp d’internement est d’ailleurs ouvert à Frémont, dans la commune bourbonnaise de Vallon-en-Sully. Les mesures d’exclusion se radicalisent au cours du temps. Le 29 mars 1941, le gouvernement crée le Commissariat général aux questions juives qui est chargé de l’aryanisation de l’économie, de l’élaboration ainsi que de la surveillance de l’application de la législation anti-juive. La loi du 2 juin élargit les critères d’appartenance à la « race juive » et interdit aux juifs les études supérieures ainsi que l’exercice de nouvelles professions. Rappelons pour mémoire que, c’est après la promulgation de ce second statut des juifs, que Pierre Kaan perd son poste de professeur de philosophie au lycée de Montluçon. Cette loi du 2 juin 1941 est complétée par l’obligation pour les juifs de se faire recenser [2] . Dans l’Allier, 3 669 juifs sont recensés, dont 2 894 français et 775 étrangers. Entre septembre 1940 et septembre 1941, plus de cinquante textes concernent le statut des juifs ! En décembre 1941, les juifs entrés en France depuis le 1er janvier 1936 doivent être regroupés dans des compagnies de travailleurs ou des camps. Ceux qui disposent de moyens d’existence peuvent être assignés à résidence. C’est Néris-les-Bains qui accueille le plus de juifs dans le bassin montluçonnais, Montluçon, Villebret et Commentry viennent ensuite. Début 1942, les « israélites étrangers » sont « invités à se faire connaître ». En avril 1942, Pierre Laval revient au pouvoir et accentue la collaboration avec Hitler et l’Allemagne nazie.

Pierre Kaan

 (1903-1945)

Cette photographie provient d’une brochure éditée pour l’inauguration, le 18 juin 1982, d’une plaque commémorative au domicile de P. Kaan à Montluçon, rue Viviani.

(Archives du Musée de la Résistance à Montluçon)

A cette date, la Shoah a déjà commencé. A l’Est de l’Europe, les   einsatzgruppen [3]  exécutent systématiquement les juifs au fur et à mesure de l’avancée allemande en URSS. Cette « Shoah par balles » a l’inconvénient pour les nazis d’entraîner une trop grande proximité des exécutants avec leurs victimes. D’autres solutions sont envisagées. C’est ainsi qu’en décembre 1941 le centre « d’extermination » de Chełmno [4]  entre en activité et que d’autres centres de mise à mort sont en construction ou en projet. Le 20 janvier 1942, quinze hauts dignitaires nazis se réunissent à Wannsee, dans la banlieue de Berlin, afin d’organiser la « solution finale de la question juive ». Pour Reinhard Heydrich [5], qui préside la conférence, les Juifs, une fois déportés à l’Est, seraient astreints à des travaux forcés et les survivants « traités en conséquence ». Pour étendre cette politique génocidaire à l’échelle de l’Europe, elle compte 11 millions de juifs, Heydrich souhaite que le ministère des Affaires étrangères prenne contact avec les autorités des pays occupés ou satellites. La conférence de Wannsee est une date clef de la Shoah par l’implication accrue de l’appareil d’État dans la mise en œuvre du génocide et son contrôle par la SS.

Le 11 juin 1942, les responsables SS des affaires juives décident de déporter à Auschwitz-Birkenau les juifs de France. Laval et Bousquet, responsable de la Police, se plient aux exigences nazies. Par l’accord du 2 juillet 1942, l’État français s’engage à livrer aux Allemands 22 000 juifs étrangers de la zone occupée et 10 000 de la zone libre. Les juifs « apatrides » de la zone occupée font très vite les frais de cet accord. Le 16 juillet, débute à Paris la rafle dite du Vel’ d’Hiv’. En moins de deux jours, 12 884 personnes sont arrêtées par la police française ; réparties entre Drancy et le Vélodrome d’hiver, elles sont déportées ensuite, en vagues successives, vers les camps de la mort nazis. L’État français, début août, passe au second volet de ses engagements avec le vainqueur et organise le « ramassage » [6] des juifs étrangers de la zone non occupée.

La rafle du 26 août 1942 se déroule dans toute la zone libre. En fait, il n’y a pas eu une rafle, mais plusieurs rafles minutieusement préparées par les autorités de l’État français. Les personnes arrêtées dans les quatre départements de la région Auvergne sont conduites au camp des textiles, près de Montluçon, où elles restent quelques jours, le temps pour la commission de criblage de décider qui va être déporté ou pas. Si le nombre d’arrestations est moins important que prévu, la commission se montre particulièrement sévère et accorde peu d’exemptions.

Le 5 août 1942, Henri Cado, adjoint de Bousquet, envoie aux préfets de régions de la zone libre une circulaire organisant la déportation des juifs étrangers entrés en France depuis le 1er janvier 1936. Tous doivent être déportés en zone occupée avant le 15 septembre, à l’exception de onze catégories de personnes protégées. Le 18 août, les préfets sont informés de la date de la rafle. Certaines exemptions sont alors supprimées. Le 23 août, une première série de rafles touche les groupes de travailleurs étrangers. C’est ainsi que, dans le Cantal, douze ressortissants de GTE, rassemblés à Mauriac, quittent Aurillac pour Drancy avant d’être déportés à Auschwitz par le convoi n° 24.

Le 26 août 1942, les rafles débutent à 5 h du matin dans l’Allier où elles concernent 18 communes. Celle de Villebret, au sud de Montluçon, est particulièrement touchée avec l’arrestation d’une quinzaine de personnes : la famille de Markus Schenkel est à elle seule composée de cinq personnes, dont trois enfants âgés respectivement de 13, 11 et 5 ans. Préparés par la gendarmerie, les « ramassages » sont opérés par sept équipes de policiers. A quatorze heures, 68 personnes sont déjà rassemblées au camp des textiles, ou du textile, une ancienne fabrique de paille à chapeaux de la commune de Prémilhat, en limite des communes de Domérat et de Montluçon. Il manque une vingtaine de personnes sur le nombre escompté par les autorités ; elles sont absentes, intransportables, ou exemptées. Les rafles opérées dans les autres départements de la région de Clermont-Ferrand amènent 102 autres personnes au camp, 61 viennent du Puy-de-Dôme, 23 de la Haute-Loire et 18 du Cantal. Le 29 août, on compte 95 hommes, 60 femmes et 15 enfants, soit 170 personnes. Les autorités en avaient prévu 400. Il manque 230 personnes. 225 d’entre elles ont donc échappé à la rafle si l’on tient compte qu’un homme s’est évadé [7] et que quatre personnes [8] ont été hospitalisées. Beaucoup d’entre elles ont été prévenues et ont pu fuir à temps.

Un commissaire des Renseignements Généraux est nommé chef de camp. La surveillance est assurée par 35 GMR [9] et 24 gendarmes. Un médecin de Montluçon, deux assistantes sociales, deux infirmières de la Croix-Rouge et un étudiant en médecine sont affectés au contrôle sanitaire. Les repas sont préparés par le centre de démobilisation départemental. Les locaux du camp se composent de deux bâtiments principaux. Le premier contient deux dortoirs et peut rassembler 364 personnes. Le rez-de-chaussée du second comporte une grande salle pour le personnel de surveillance, ainsi qu’un réfectoire de 220 places, trois petites salles pour les bureaux et l’infirmerie ; à l’étage, un dortoir de 192 places. Le 5 septembre 2005, Simon Grinbaud [10] a raconté à Antoine Vitkine son passage au camp des textiles: « On reste quelques jours dans ce camp servis par des Indochinois, avec des sabots en bois, imperturbables, qui ne disent pas un mot. Mauvaise nourriture. Du pain, je me rappelle qui collait comme si c’était de la colle ». [11]

Le 29 août, le nombre de détenus est considéré comme définitif et l’opération de « criblage » peut commencer. Il s’agit de distinguer, parmi les prisonniers, ceux qui peuvent bénéficier d’une exemption et échapper ainsi à la déportation. La commission de criblage est composée de quatre hommes appartenant tous aux Renseignements Généraux. Les détenus ne peuvent donc attendre beaucoup de clémence de leur part. De fait, les membres de la commission appliquent de façon restrictive et parfois contradictoire les cas d’exemption. Joseph Sloutchansky, né en Russie en 1896, assigné à résidence à Serbannes, dans l’Allier, n’échappe pas à la déportation alors qu’il a vécu en France de 1906 à 1930. Le cas de Léo Hirsch est particulièrement parlant. Né en 1903 en Prusse orientale, il est arrivé en France en 1935, donc avant le 1er janvier 1936. En 1936, il s’établit dans l’Allier. En 1942, il habite Commentry où il est surveillé par les RG de l’Allier, du fait sans doute de ses idées gaullistes. Le procès verbal de la réunion, tenue le 2 septembre 1942 par la commission de criblage, indique qu’il est « considéré comme indésirable par le Commissaire Spécial de l’Allier ». Le cas est soumis à Vichy. La réponse tombe le lendemain : il est « maintenu », c’est-à-dire qu’il doit partir en déportation, avec sa femme et son fils.

Le témoignage de Simon Grinbaud est précieux pour comprendre l’état d’esprit des jeunes hommes internés. Le chef du camp craint qu’ils ne se révoltent. Il fait circuler de fausses informations par l’intermédiaire d’un rabbin qui leur propose de s’engager dans la légion étrangère. Tous les jeunes de dix-sept à vingt-cinq ans ont « sauté sur l’occasion ».

Le 3 septembre, 143 détenus du camp des textiles partent pour Drancy. Onze jours plus tard, 140 d’entre eux sont déportés à Auschwitz-Birkenau par le convoi n° 32 qui compte 980 personnes. La plupart sont immédiatement gazées. En 1945, seuls 45 membres du convoi sont toujours vivants, parmi eux trois personnes arrêtées dans l’Allier.

Le 3 septembre 1942, 143 [12] détenus du camp des textiles sont transférés à la gare « de la Petite Vitesse » [13] de Montluçon, sans doute choisie pour des raisons de commodité et de discrétion. Le départ a lieu à 15 h 55 sous l’escorte de 48 GMR, en cinq wagons, dont un wagon de voyageurs pour les femmes et enfants (accompagnées de deux infirmières de la Croix Rouge), trois wagons de marchandises pour les hommes et un fourgon à bagages. Les jeunes pensent encore qu’ils partent pour la légion. Simon Grinbaud : « Alors, le lendemain matin, on part donc presque joyeusement, comme les jeunes qui sentent une aventure devant eux et surtout pour passer la guerre ailleurs que là ». A la gare de Châteauroux, les wagons sont rattachés à un train venant de la région de Toulouse qui transporte les personnes arrêtées dans les départements du Tarn (camp de Saint-Sulpice-la-Pointe), du Tarn-et-Garonne (camp de Septfonds) et du Lot-et-Garonne (camp de Casseneuil). C’est un convoi de 862 personnes qui arrive à Drancy dans la matinée du 4 septembre. Simon Grinbaud s’approche d’une lucarne de son wagon. « Qu’est-ce que je vois de loin ? Les trois gratte-ciels de Drancy parce que les trois gratte-ciels de Drancy étaient très célèbres parmi le judaïsme parisien déjà à l’époque. On savait que de Drancy, les gens sont envoyés en « Bochie », en Allemagne. » Ce camp est sous administration française et les détenus y sont étroitement surveillés par des gendarmes. L’ensemble des bâtiments est vétuste, sans sanitaire ni mobilier, et la nourriture très mauvaise. Les détenus apprennent qu’ils vont bientôt partir pour l’Allemagne, mais n’ont pas idée de ce qui les attend. S. Grinbaud relate que le comité d’entraide juif leur a apporté des bottes en caoutchouc parce qu’en Allemagne et en Pologne « où on va travailler, il y a beaucoup de pluie ». On leur coupe les cheveux avant leur départ.

 Le 14 septembre 1942, 140 personnes venues de Montluçon, dont 18 enfants et adolescents [14], sont déportées à Auschwitz par le convoi n° 32.  Serge Klarsfeld écrit à propos de ce convoi, où l’on compte plus de 60 enfants : «  A leur arrivée à Auschwitz le 16 septembre, furent sélectionnés 58 hommes qui reçurent les matricules 63898 à 63953 et 49 femmes qui reçurent les matricules 19772 à 19820. Le reste du convoi fut immédiatement gazé à l’exception des hommes qui furent sélectionnés avant l’arrivée à Auschwitz à Kosel. En 1945, il y avait à notre connaissance environ 45 survivants de ce convoi ». Parmi les 52 personnes arrêtées dans l’Allier, puis déportées à Auschwitz, on ne peut citer les noms que de trois survivants : Smaja Abisch, Jacques Grynberg et Georg Perl.


Le sort des Juifs internés au camp des textiles a été longtemps ignoré de la population montluçonnaise. Il a fallu attendre la fin du XXe siècle pour que les choses changent, grâce notamment aux travaux de Gérard Gobitz.

Aujourd’hui, la mémoire du camp est gravée dans la pierre

Le 16 juillet 2018, à l’instigation de l’Association bourbonnaise des Amis du Musée de la Résistance nationale (association gère le Musée de la Résistance sis à Montluçon), une stèle a été inaugurée à Prémilhat, avenue des Martyrs, par le maire de la commune, Bernard Pozzoli, afin de rappeler le sort des juifs rassemblés au camp des textiles en août 1942. La date du 16 juillet n’a pas été choisie au hasard. C’est le jour du début de la rafle du Vel’d’Hiv’ et celle de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France.

[1]Cette .

En 1994, une plaque a été apposée sur le mur extérieur de la gare de Montluçon-Ville rappelant la déportation à Auschwitz des juifs internés au camp de Prémilhat.
(Photographie Denis Planchet, septembre 2022)


BIBLIOGRAPHIE et SITOGRAPHIE

BTUTTMANN Tal, Au bureau des Affaires juives: L’administration française et l’application de la législation antisémite (1940-1944) , Paris, La Découverte.
GOBITZ Gérard, Les déportations de réfugiés de Zone Libre en 1942, L’Harmattan, 1996.
KLARSFELD Serge, Mémorial de la Déportation des Juifs de France, 1978.
PORTHERET Valérie, Vous n’aurez pas les enfants, XO Editions, 2020.
TOURET André Touret, Montluçon 1940-1944 : la mémoire retrouvée, Éditions Créer, Nonette, 2001.
www.afmd-allier.com/PBCPPlayer.asp?ID=1292283
FRENCH CHILDREN OF THE HOLOCAUST. A memorial – Serge Klarsfeld (phdn.org).
Convois vers l’extermination : Base de données de la déportation pendant la Shoah (yadvashem.org)


Notes

[1] Excepté le quartier de la Madeleine.

[2] C’est une autre loi du 2 juin 1941.

[3] Einsatzgruppen ou « groupes d’intervention ».

[4] Sur l’ancien territoire polonais.

[5] Reinhard Heydrich est l’adjoint direct d’Himmler dès 1933. En 1939, il dirige la RSHA (Office central de Sécurité du Reich), qui joint la Police de sécurité, organisme d’État au Service de Sécurité (ou SD), émanation du parti nazi.

[6] Le terme de « ramassage » est utilisé par les autorités de l’époque.

[7] Un homme s’est évadé de l’usine Allirol, au Puy (Haute-Loire), dans la nuit du 25 au 26 août.

[8] Parmi les personnes hospitalisées, Sarah Golda Neschling, née en 1883 en Pologne, de nationalité autrichienne, entrée en France en mai 1939, arrêtée dans le Puy-de-Dôme, à Herment, le 26 août 1942 et transférée au camp des textiles le lendemain. Elle est déportée, cependant, par la suite à Auschwitz en novembre 1942, par le convoi n° 40. Elle meurt en déportation. Citons aussi Marion Petruschka, née en 1925 en Allemagne, à Leipzig, arrêtée dans l’Allier à Mayet-de-Montagne, hospitalisée à son arrivée à Montluçon. Elle échappe à la déportation.

[9] GMR : Groupe Mobile de Réserve. Les GMR étaient des unités paramilitaires mobiles créés en 1941 pour maintenir l’ordre en milieu urbain ; à partir de 1943, ils furent engagés dans des opérations contre la Résistance ;  ils sont dissous en décembre 1944.

[10] Simon Grinbaud (Israël Grinbaum) est né en 1925, en Pologne. En 1937, il retrouve sa famille à Paris, dans la quartier de Belleville. Son père est arrêté début 1941, déporté par la suite. Sa mère et ses sœurs sont arrêtées lors de la rafle du Vel’d’Hiv’. Simon Grinbaud fuit Paris pour retrouver son frère Henri en zone libre. Ils sont arrêtés à Saint-Flour (Cantal), à 5 h du matin, le 26 août 1942.
Ils connaissent ensemble le camp des textiles, Drancy et la déportation. Avant l’arrivée à Auschwitz, ils sont retirés du convoi n° 32, à Kosel, afin de travailler à la construction d’une gare de triage. En mars 1944, ils sont transférés dans le camp de Blechammer. Évacués en janvier 1945 en direction de Gross-Rosen, Simon et Henri survivent aux marches de la mort puis aux conditions d’internement à Buchenwald. Libérés en avril 1945, ils sont rapatriés en train sanitaire par l’armée américaine. Simon Grinbaud publie, en 1986, XIe commandement : « Tu n’oublieras point », un livre réédité  depuis.

[11]  Grands Entretiens Patrimoniaux – Ina.fr

[12] ou 144 d’après le rapport du chef des R. G. de l’Allier à l’intendant de Police, 4 septembre 1942 (Archives départementales de l’Allier- Cote 778 W15)

[13] Gare de bifurcation de la Ville-Gozet, un quartier né de l’industrialisation de Montluçon au XIXe siècle.

[14] Myriam Hauser, 2 ans ; Hélène Schenkel, 3 ans ; Isy Majorek, Adéla Abisch et Edith Klein, 5 ans ; Maria Abisch, 9 ans ; Maly Fenichel, Maurice Abisch, 10 ans ; Sigi Schenkel et Jean Hirsch, 11 ans ; Harry Diamant et Dina Schenkel , 13 ans ; Kurt Liwschitz, 14 ans ; Eugène Rechnitzer, 15 ans ; Ursule Nutkrowiez, Sarah Diamant, Ernest Nives, Israël Grinbaum (Simon Grinbaud), 17 ans. Seuls Ernest et Israël ont survécu à la déportation. Ernest Nives avait été arrêté à Herment, dans le Puy-de-Dôme.