Stèle du Parc – Cressanges

Le périple du 14 juillet n’était pas passé inaperçu des allemands et de la police de Pétain. Après un accrochage le 15 juillet qui fit deux morts côté allemand, l’étau se resserre sur les maquisards. Avec l’attaque du 16 juillet ils doivent se replier par les bois en regagnant le château de Bost. Neuf otages seront raflés dans les fermes environnantes (un disparu, quatre envoyés au STO et deux emprisonnés à la Mal-Coiffée et quatre relâchés).Deux jours plus tard, le 18 juillet la Milice et les GMR encerclent les maquisards repliés dans les bois de Besson. Les maquisards échappent à l’encerclement en décrochant en petits groupes ; deux morts sont à déplorer, Roger BELLIEN à la Vivère (Besson) et Marc BONNOT au Parc (Cressanges). Roger MAGNIERES gravement blessé par les miliciens sera conduit pour être amputé à l‘hôpital de Moulins par des GMR.Après quelques jours d’errance les combattants de Casanova se reforment à Meillers pour poursuivre l’action jusqu’à la libération de Moulins à laquelle ils participent activement.

Marc BONNOT, ouvrier coiffeur à Souvigny où il est né avait à peine 20 ans quand il a rejoint le maquis Danièle CASANOVA le 6 juin 1944 en forêt de Moladier. C’était un grand mérite que de s’engager de la sorte pour un jeune qui, né en 1924, ne risquait guère d’être inquiété par le STO, sauf à manifester ouvertement son opposition au régime de Pétain.

Marc BONNOT a répondu à l’appel des dirigeants FTP avec d’autres garçons de Souvigny ; André QUENISSET, Henri DAUBINET, Roger DAUPHIN, et René AUBER parmi d’autres étaient à l’installation du Camp Danièle CASANOVA.

Après s’être déplacé dans les bois qui entourent le château du Prince Xavier de Bourbon-Parme, à Botz sur la commune de Besson (un soutien sincère de la Résistance), le maquis déménagera quelques kilomètres plus au sud dans la vallée du Douzenan au lieu-dit Renaudière sur la commune de Meillard.

C’est de ce lieu que le maquis lancera la plupart de ses actions, soutenus et ravitaillé par les paysans des environs. L’embuscade de Châtillon, le sabotage du tunnel des Cerisiers, le périple du 14 juillet auront été autant d’opérations réussies. A Châtillon l’emuscade du Rocher Noir se soldera par plusieurs véhicules détruits et une vingtaine de morts du côté allemand sans perte dans le camp du maquis. Au tunnel des Cerisiers le dernier sabotage avec deux locomotives lancées l’une contre l’autre sous le tunnel neutralisé la voie ferrée Moulins Montluçon jusqu’à la libération. Le périple du 14 juillet avait soulevé l’enthousiasme dans le contact population-maquisards.

Mais l’ennemi et la police de Pétain vont passer à l’attaque après l’escarmouche du carrefour de Lafeline où un soldat allemand avait été abattu.

Cerné par l’armée allemande, les troupes du maquis doivent se replier à travers la campagne en direction du château de Botz. Et c’est là que l’encerclement par des GMR et des miliciens qui reviennent de l’attaque de la ferme de Villars à Noyant le matin même va être fatal à deux combattants du maquis. Le repli se fait par petits groupes. Marc BONNOT, René AUBER, Roger MAGNIERE et LARAME cherchent à rejoindre Cressanges à l’ouest où ils savent trouver de l’aide et de l’abri. Le groupe se sépare. AUBER et LARAME partent de leur côté mais René AUBER sera fait prisonnier et connaîtra la prison des Brosses et ses salles de torture. Les miliciens vont assassiner Marc BONNOT d’une balle dans la tête près de la ferme du Parc à Cressanges et son compagnon Roger Magnière sera laissé dans un fossé grièvement blessé. Les GMR le ramasseront et le conduiront à l’hôpital de Moulins où il devra être amputé.

A l’opposé, en direction de Besson Roger BELLIEN était abattu près de la ferme de la Vivère.

Notes à partir de la prise de parole à l’inauguration de la plaque « Marc BONNOT » à Souvigny